Bonjour à toutes et à tous !
Vous l'avez probablement remarqué, nous avons un problème de site internet depuis déjà presque un mois et l'hébergeur de site web tarde à nous donner de bonnes ondes pour débloquer le site.
Nous sommes donc contraints de partager le journal de bord des Fidjis sur ce blog en attendant de
retrouver notre bon vieux site internet...
Retrouvez les photos ici : http://picasaweb.google.com/les.photos.qovop/fiji#
Et la vidéo de la traversée est en ligne : http://www.youtube.com/watch?v=j1GsGl-9HFU
1ère partie : Faux départ et traversée de la Nouvelle-Zélande aux Fidjis :
Faux départ. C'est mercredi 26 mai que qovop est censé être prêt à partir. Une bonne fenêtre météo
s'offre à nous pour 5 jours au minimum. Nous sonnons donc le départ. Grand avitaillement, nous nous
partageons les tâches, fruits et légumes d'un côté, gaz et boites de conserve de l'autre.
En milieu d'après midi, Manu appelle les customs (douaniers), ils nous attendent pour 18 h au plus tard.
En se rendant sur le ponton quarantaine pour faire les papiers de départ, nous nous rendons compte que le pilote automatique affiche "No Pilot"... Alors que celui-ci fonctionnait parfaitement 10 jours
auparavant lors de notre dernière sortie dans le chenal d'Auckland. Baptiste commence à ouvrir les
manuels d'utilisation pour essayer de réparer la panne. Le manuel nous dit de vérifier toutes les
connexions, ce que nous faisons, mais malheureusement le résultat n'est pas probant.
Et c'est une petite demi-heure après avoir fait les papiers de départ que nous décidons de jeter
l'éponge. Voyant que nous ne pouvons rien y faire, nous décidons de rebrousser chemin car Auckland étant
la place des voiliers, il sera bien plus facile de réparer le pilote sur place.
Nous rappelons donc les customs, ils nous autorisent à passer la nuit au port. Nous nous remettons Ã
notre place de marina sur laquelle nous étions pendant plus de 5 mois.
Le lendemain matin, nous referons des papiers "d'entrée" puis dès que nous sommes revenus à la marina,
nous nous pressons d'emmener le boitier électronique (ordinateur) du pilote défaillant au seul revendeur (Raymarine) d’Auckland. Ceux-ci sont assez occupés mais nous promettent de le regarder dès que possible.
Dans le même temps, nous nous rendons compte que le site web qovop fait lui aussi défaut. Il faut
renouveler le domaine, ce que nous faisons facilement et rapidement, malheureusement l'information a été envoyé à notre hébergeur (qui n'est autre que microsoft office live) mais rien est fait de leur côté. Le site web et nos boites e-mail associées sont toujours bloqués. Nous n'avons plus d'accès.
Le lendemain après de nombreux coups de fil, le technicien du pilote nous donne enfin une bonne nouvelle.
L'ordinateur est vraiment défaillant, mais celui-ci étant encore sous garantie, un boitier flambant neuf
nous attend. En fin d'après midi après remontage du nouveau boitier, nous sortons dans le chenal afin de la calibrer. Après pas moins de 10 ronds dans l'eau et une bonne heure de moteur, le pilote affiche enfin "calibration réussie).
La météo étant toujours clémente pour les jours suivant, nous décidons de partir le lendemain midi (samedi).
Fin prêts nous nous rendons au ponton quarantaine vers 14 h.
Auckland, 29 mai 2010, Température : 14°C
Le vent est bon, près de 20 nœuds de travers. Nous faisons un début de parcours très rapide avec deux ris.
Le lendemain dimanche, le vent ne nous a pas encore lâché mais nous désarisons la grand voile nous faisons route entre 6 et 7 nœuds sous spi. A fière allure, deux thons de taille moyenne se prennent dans nos lignes. Quelle aubaine, nous en profitons pour remplir tous nos pots de confiture (conserves)
Mais en fin d'après-midi le vent tombe, ça y est la pétole est là , les voiles se déventent et claquent même de temps en temps pendant la nuit...
Lundi matin, 6 h, encore un thon, nous le relâchons et remontons les lignes car celui-ci est d’une belle taille et tout notre stock est plein.
8 h c'est le calme plat.... avant la TEMPÊTE ! !
14h30: première prise de ris, 18 h: deuxième prise de ris, 20 h: 3ème ris et 30 nœuds de vent établi au près serré (vent de face).
Le mardi matin, la tempête est toujours là , vent force 7, pluie vent et pluie et... etc.
Tellement il pleut, nos matelas dans le bateau sont trempé, les pieds de chandeliers fuient l'eau (douce et salée même tant les vagues cassent sur le pont) et ruissèlent le long des parois de qovop.
En milieu de journée, ça y est la première dépression est passée, la pluie cesse, brin de soleil à l'horizon, nous sortons les matelas pour un premier séchage...
Température en fin de journée: 19°C (déjà 5 degrés de gagner en moins de 4 jours) on a d’ailleurs déjà enlevé une couche de polaire.
Mercredi et jeudi : c'est la pétole, nous allumerons même le moteur de temps en temps (3 heures au total).
Mais jeudi, alors que nous avancions à faible allure sous spi, un petit baleineau vient nous rendre visite. Nous entendons soudainement un geyser à 10 mètres en arrière du bateau. Presque à toucher nos lignes de pêche.
Le baleineau s’approche et vient presque embrasser la coque bâbord de qovop. Tout le monde est sur le pont afin d’admirer. C’est magnifique, magique, spectaculaire, enfin bref, par une journée sans vent, cette petite visite surprise nous fait chaud au cœur… Le baleineau voyant que nos appareils photos n’étaient pas sortis pour le premier abordage se détache, fait un tour et revient sur le flanc du voilier. Splendide ! ! il s’agit d’un rorqual d’environ 6 mètres.
Mais là , caméra au point, nous ne manquons pas la prise de vue… qui d’ailleurs est bien plus impressionnante « en live » qu’en photo tellement il était près du voilier…
Après cette séquence émotion, nous aurons même la visite d’un banc de dauphins en fin de journée. Ceux-ci nous apportent même un peu de vent pour mieux avancer.
Le vendredi, toujours pas beaucoup de vent. Mais une petite bonite est prise sur une de nos lignes, ça faisait bien longtemps. Nous remangeons du poisson (frais).
En fin d’après midi, une dépression de dessine au loin. Nous obligeant à prendre deux ris dans la nuit. Le vent souffle, souffle fort, nous emmène de la pluie et est encore contraire à nous… décidemment… cette traversée n’est pas brillante, pas assez ou trop de vent, beaucoup de pluie, bref, ce n’est pas une partie de plaisir.
Samedi, c’est encore la tempête, le 3ème ris est envoyé à 20 h.
Dimanche le vent est toujours là , contraire, et faiblit dans la journée, nous désarisons les voiles.
Mais le lendemain, un nouveau front nous attend… nous remettons les ris… (deux seulement… héhé)
Vers 21 h, nous passons la ligne : Tropique du capricorne, nous voilà !
Petit point info météo : Température 25 °C… maintenant, c’est en tee-shirt (quand il ne pleut pas) que nous continuons la nav !
Mardi 8 juin, le vent est toujours là mais tombe un peu, et commence à donner un peu, nous désarisons.
Mercredi, nous sommes au grand largue, vent force 5, nous envoyons le spi ! !
Enfin un vent favorable pour revenir sur notre route,
A nous les Fidjis !
Jeudi matin, moins de 10 milles nautiques avant la passe du lagon, le vent tombe tout d’un coup à 6 h pile… c’est pas de bol ! Mais au moins le soleil réapparaît ! C’est déjà ça !
A 8 h, alors que c’est la pétole, nous avançons à reculons…
Nous tentons d’allumer le moteur.. mais problème, la veille nous avons décidé de nettoyer notre cale, en faisant tourner la pompe électrique. Celle-ci étant directement branchée sur la batterie moteur, elle l’a vidée… Elle n’est pas totalement vide, mais ça ne suffit pas pour allumer notre inboard… Encore pas de bol, le parc de batterie de servitude n’est pas chargé lui non plus. Nous n’avons pas eu plus de 15 heures d’ensoleillement durant toute la traversée, l’éolienne n’a pas pu à elle seule recharger les batteries !
Et nous, ben… on tourne en rond à moins de 1 mile du récif, essayant de rallier la passe qui n’est pourtant pas loin… tout en tournant le panneau solaire qui envoie enfin quelques watts. Mais après plusieurs tentatives d’allumage sous le soleil, nous sommes désespérés. La traversée a été longue, difficile et ça continue…
Mais à 14 h, une vedette est en approche, du nom de Sea Walker, nous leur demandons si ils n’ont pas de batterie chargé à nous prêter pour un démarrage. Ceux-ci n’ayant pas envie de démonter leur batterie, ils nous proposent de nous prendre en remorque et nous emmener à leur marina à Port Denarau. Let’s go then !
Nous amarrons un bout au mât, et un second repris sur les cadènes (où les gréements sont attachés).
La vedette nous informe qu’ils ne peuvent pas aller à moins de 7 nœuds, pas le choix, nous acquiessons.
Mais une houle très lente mais assez haute et établie nous fait surfer vers notre tracteur, le bout entre qovop et Sea Walker se détend et rompt à deux reprises. Après plusieurs nouvelles tentatives, nous doublerons ce cordage et cette fois, c’est bon.
Après presque deux heures, nous rentrons dans la passe ou un banc de dauphins s’amusent avec le peu de courant.
Deux heures plus tard, nous rentrons au port, Sea Walker nous laisse au mouillage qui est très calme et plat.
Info météo Température : 30°C… il y avait bien longtemps que le mercure n’était pas monté aussi haut…
Nous lâchons l’ancre tout près de notre ami norvégien Helge de « Coquelicot » alors que la nuit tombe.
Nous passons une soirée de bienvenue assez festive après ce dur passage à terre malgré que nous ne sommes pas encore légaux. Le lendemain, Helge nous emporte un groupe générateur et un chargeur de batterie. Nous rechargeons donc nos batteries et nous nous rendons à Lautoka (sans vent, c’est à 3 heures de moteur d’ici) pour faire les formalités d’entrée. Pas moins de 3 heures seront nécessaire pour remplir tous les papiers !
Après tout ça, nous en profitons pour refaire des courses car nos placards étaient bien vides.
Le soir nous repartons de Lautoka pour revenir à la marina de Denarau. Nous levons l’ancre et passons par « Sedna 1 », Simon est arrivé la veille et est en pleine forme car à un jour près, lui n’a pas eu beaucoup de vent durant la traversée. Il viendra nous rejoindre le lendemain.
En repartant, nous heurtons un récif ou une épave. Le jour est tombé, les cartes sont assez fausses et les balises se font rares… A 4,5 nœuds nous touchons le sol avec la quille, le bateau est stoppé net, et après plusieurs tentatives de marche arrière, nous reprenons la route… un peu moins rapide cette fois… rien n’est visible de l’intérieur, pas d’eau dans la cale… Nous arrivons à Denarau vers 21 h.
Nous profitons du WE pour réparer les casses de la traversée, étanchéité des chandeliers, solidifier la couchette tribord un placard qui s’est détaché de la coque car le bois commençait à pourrir, réparation du palan de hale-bas de bôme, de la poulie du troisième ris, bouchon de chandelier et changement du branchement de la pompe de cale sur l’autre parc de batterie afin de ne plus avoir ce problème de batterie moteur…
Puis durant toutes ces opérations, nous nous rendons compte qu’il y a un mélange d’huile et d’eau sous le moteur… Ayant déjà remarqué ce petit problème à Auckland, la flaque sous le moteur est bien plus importante maintenant…
Une sorte de mayonnaise maison (huile de transmission + eau de mer) remonte de la jauge de Transmission…
Nous allons être contraint de changer les joins de l’axe de propulsion… Mais pour ça, il nous faut assécher le bateau.
Nous tentons de trouver une solution pas chère pour ce faire… on nous propose de nous mettre sur un poteau et jouer avec la marée pour assécher la coque. Mais après sondage à marée haute et basse, nous voyons qu’il est impossible d’aller jusqu’au pieux. Il nous faut trouver une autre solution. Mais avant tout, il nous faut absolument vider la transmission, car l’eau de mer c’est corrosif.
Nous sommes contraints à plonger, enlever le bouchon de vidange sous l’eau, mettre un tuyau, pomper le mélange dans un bidon sur le pont. La pression de l’eau nous aide à ne pas mettre une goutte d’huile dans l’eau.
Puis, afin de laisser le compartiment de transmission bien sec, William le mettra sous pression avec une pompe de vélo pendant que Manu enlève le tuyau, et Baptiste remette le bouchon voyant des bulles d’air apparaître.
Nous mettons de l’huile moteur en attendant une vraie réparation.
Puis nous avons repérer un lieu où il serait possible d’assécher le bateau. Celle-ci est située entre le ponton de super-yacht et le chantier de la marina. Mais après discussion avec le manager, celui-ci refuse de nous laisser assécher le voilier près du ponton pour raison de sécurité, en revanche, Manu évoquant nos projets environnementaux et humanitaire (boîtes pour les écoles des Vanuatu) obtient sans forcer un levage pour 100 FJ$ (soit 42 €) au lieu de 460 FJ$ au prix public.
Et à partir de ce moment là , nous n’avons reçu que des bonnes nouvelles… Un ami brésilien (sur Matajusi
www.matajusi.com.br
) nous présente à un couple d’américain très sympa, ceux-ci nous donne du travail pour deux demi-journées à trois afin de nettoyer le roof, les inox et la coque de leur cata de 55 pieds « Shellette ». Le job ayant été apparemment effectué avec brio, ils nous laissent 300 US$, soit près du double convenu… Nous en sommes bien ravis…
Dans le même temps nous apprenons par Sea Walker qu’un de ses voisins attend de la visite d’Auckland. N’ayant pas encore commander les nouveaux joins pour la transmission, car le fret revenait plus cher que les pièces elle-même,
Nous nous rendons sur « Runaway Bunny » un magnifique voilier plan Finot de 70 pieds. Les membres du crew nous proposent d’appeler leur ami à Auckland, c’est vendredi et il prend son avion dimanche. Cet ami en question se trouve à 5 minutes en voiture de Volvo Penta Auckland, et nous propose d’aller chercher la pièce tout de suite. Nous appelons Volvo afin qu’ils préparent la commande et hop, le tour est joué. Le dimanche suivant, nous nous retrouvons avec 300 US$ en poche, et les pièces de rechange prêtent.
Pressés d’effectuer l’opération, nous levons le voilier lundi soir vers 18 h, incroyable, il nous a fallu moins de deux heures pour remonter le sail-drive. Toutes les pièces se sont enlevées facilement. Afin de remonter les joints sans les abimer nous demandons de l’aide (outil nécessaire) à un mécanicien d’un gros power boat rencontré lors d’un diner la veille sur Shellette. 20 h, le job est effectué, nous resterons toute la nuit dans les sangles du travel lift. Entre temps, nous vérifions s’il n’y a pas de dégâts concernant notre dernier échouage sur le récif. Et fort heureusement, nous n’apercevons que quelques rayures sous la quille. Les dernières réparations aux Tonga ont donc été bien testées.
Le lendemain, un sous manager de la marina ordonne au grutier de nous remettre à l’eau car un bateau moteur est pressé de se mettre à l’eau derrière nous. Pour nous tout est ok, mais nous et le grutier sommes septiques sur la profondeur, car à 8 h du matin c’était marée basse…
Alors que la descente de qovop est amorcée, la quille s’enfonce dans la vase et il manque 50 cm pour que le voilier puisse bien flotter.. Nous attendrons midi pour retenter et cette fois, ce sera la bonne.
Le lendemain arrive nos amis de Canela, eux aussi ont bien soufferts durant la traversée. Une énorme dépression était sur eux durant 5 jours de suite.
C’est avec joie que nous les retrouvons car ensuite, nous ne les reverrons probablement pas puisqu’ils ont prévues de longues escales dans les îles avant de passer la prochaine saison cyclonique en Australie.
Simon qui était reparti à Lautoka durant 5 jours, revient pour l’occasion à Denarau pour accueillir les brésiliens. Le mouillage toujours très calme, il mettra son petit 28 pieds à couple de qovop.
Vendredi 25 juin, nous repartons enfin de Denarau vers Lautoka afin de faire nos papiers de départ, et nous rendre ensuite vers l’île de Navadra pour le weekend et partir pour les Vanuatu. Après une petite demi-heure de moteur, nous vérifions le niveau d’huile de la transmission, tout est parfait. Plus de fuite ! !
Maintenant vont commencer les visites… les îles, les plongées sous-marines….
Pour l’occasion, nous allons tous nous rejoindre à Navadra ce weekend, Matajusi, Sedna1, Canela et qovop seront de la partie.
Le plan est de partir avec Matajusi vers les Vanuatu dès lundi.
A bientôt ! aux Vanuatu !
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